====== Le savon à travers les âges====== **En Egypte antique**, on se frottait le corps avec du bicarbonate de soude à l'état naturel et une pâte de cendres et d'argile. {{:newsletters:savon_alep.jpg |}} Le [[http://www.aroma-zen.com/advanced_search_result.php?keywords=alep&x=0&y=0| premier savon connu]] apparut il y a environ 4000 ans, à Alep, en Syrie. Il était obtenu avec de l'huile d’olive et de la soude végétale. A cette époque, les Sumériens fabriquaient déjà une pâte faite d'huile, d'argile et de cendres qui ressemblait fort à un savon mou, semblable à celui qu'utilisaient les Egyptiens pour laver leur linge. Ils l'employaient également comme remède contre les maladies de la peau, mais pas pour la toilette quotidienne. **Au IVème siècle**, on retrouve chez **les Gaulois et les Germains** une pâte de cendres et de graisse animale nommée " sapo ". Ceux-ci s’en servent pour éclaircir et colorer leurs cheveux, et les élégantes Romaines ne tardent pas à l'adopter. Il faudra pourtant attendre le IIème siècle pour voir l’usage du savon se généraliser à Rome ; avant cela, Grecs et Romains se débarrassent des poussières du stade ou des tâches en raclant une strille sur leur corps huilé, avant la régénération par les massages et l'eau des thermes, aux bains successifs chaud, tiède et froid. **Au XIIème siècle**, les Egyptiens, Tunisiens et Perses faisaient commerce du savon qui restait un produit fort coûteux et confidentiel, l'hygiène n'étant pas la préoccupation première au Moyen-Age. Sans compter que les débordements qui pouvaient avoir lieu aux **bains publics** n’étaient pas du goût de l’Eglise. La graisse animale employée était le suif de chèvre et les cendres étaient issues du hêtre et du varech. La graisse animale est remplacée au XIIIème siècle par de l'huile d'olive, qui rend le savon plus ferme. La soude provient principalement des cendres obtenues par la combustion de plantes. **La toilette, aux XVIème et XVIIème siècles, se pratique désormais " à sec "** : l'eau est remplacée par des linges propres, le savon par des poudres et parfums censés protéger des maladies contagieuses comme la peste. L'eau des bains devait être transportée par seaux et chauffée, ce qui rendait le nettoyage peu aisé. C'est pourquoi l'on se contentait d'un ou deux bains par an. Le savon alors est la résultante d'un alcali (al-qâli = cendres en arabe), mélangé à un corps gras. **À partir du XVe siècle**, du savon est produit dans la région marseillaise avec de l’huile d’olive. Les **premières savonneries industrielles marseillaises** exportent leur production, imitant le savon d'Alicante, puis embauchent du personnel qualifié dans toute la Méditerranée au XVIème, ce qui leur permettra de perfectionner leurs techniques et d'exporter davantage. Au XVIIème, la consommation de savon est en augmentation car son usage tend à se généraliser, pour le lavage du linge notamment. **Fin XVIIème, Marseille exporte à travers le monde.** Le premier édit réglementant la profession date de 1688 et interdit entre autres d'utiliser un autre corps gras que l'huile d'olive. Au XVIIIème, on trouve deux sortes de savons pour des usages différents : 1. le savon blanc pour les soyeux, bonnetiers, filateurs, teinturiers, blanchisseurs et parfumeurs. 2. le savon marbré pour le dégraissage des laines, les ménages et les colonies. La fabrication est alors la principale ressource de Marseille. **En 1791**, l'importation de matières premières pour le savon est bloquée par les Anglais et Nicolas Leblanc trouve un procédé permettant l'obtention d'un des constituants du savon avec du sel marin (**soude caustique**). Il invente la soude factice en traitant le sel marin par l'acide vitriolique. L'embargo fait augmenter le prix de l'huile d'olive et l'on utilise de ce fait de **l'huile de noix, de colza, d'oeillette et de lin**. **En 1810**, chaque savonnier devait appliquer sa marque et garantir la qualité de son savon. Une commission de contrôle veillait au bon respect de la confrérie. Les savonniers décident de se passer des négociants et l'on incorpore désormais 10 à 20% **d'huile de palme et de coco** dans la masse d'huile utilisée. Chevreul fit breveter avec Gay-Lussac un procédé d'extraction des acides gras du suif donnant naissance à une nouvelle matière première, l'**oléine**. La hausse du prix de l'huile d'olive oblige les fabricants à utiliser le sésame et le lin ainsi que l'arachide. J.D. Rougier invente un procédé qui blanchit l'huile de palme et permet d'obtenir un savon blanc.** Le** [[http://www.aroma-zen.com/hygiene-savons-c-388_404_421.html| savon]] **devient un produit de consommation courante** et apparaît dans les maisons bourgeoises. Sans rival avant 1907, il sert au blanchissage du linge, au dégraissage de draps et des laines. Entre 1920 et 1930, alors que Marseille reste le principal centre de fabrication du savon en France, la concurrence survient avec **les détergents synthétiques** ou agents tensioactifs. Ces agents lavants sont utilisés encore aujourd'hui dans les shampooings, les gels douches et les « savons sans savon ». Ces derniers se sont installés sur la croyance en l'effet déshydratant du savon alors que des savons, par exemple à la glycérine, respectent particulièrement bien l'épiderme.